La maladie cardiovasculaire regroupe l’ensemble des pathologies qui touchent le cœur et les vaisseaux sanguins. Les femmes sont massivement concernées, au même titre que les hommes, avec un constat encore trop méconnu : les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité féminine en France.
Ce paradoxe interroge : si les hommes sont plus nombreux à être hospitalisés, pourquoi les femmes en meurent-elles davantage ?
La réponse tient en partie à des symptômes moins connus, des facteurs hormonaux spécifiques, un retard au diagnostic et des inégalités persistantes dans la prise en charge.
Comprendre ces maladies, reconnaître les signaux d’alerte chez la femme et identifier les facteurs de risque est aujourd’hui essentiel pour permettre une prise en charge plus précoce et plus juste.
Qu’est-ce qu’une maladie cardiovasculaire ?
Une maladie cardiovasculaire désigne l’ensemble des pathologies qui touchent le cœur et les vaisseaux sanguins.
Dans la majorité des cas, elles sont liées à l’athérosclérose : un phénomène progressif où des dépôts de graisse s’accumulent sur les parois des artères, réduisant peu à peu la circulation du sang.
Avec le temps, cette diminution du flux sanguin peut priver certains organes vitaux, comme le cœur ou le cerveau, de l’oxygène dont ils ont besoin pour fonctionner correctement, entraînant parfois des complications graves.
Les principales maladies cardiovasculaires
Derrière ce terme générique se cachent plusieurs pathologies bien connues, mais aux conséquences souvent lourdes :
- l’infarctus du myocarde, provoqué par l’obstruction d’une artère du cœur ;
- l’accident vasculaire cérébral (AVC), lié à un défaut d’irrigation du cerveau ;
- l’hypertension artérielle, souvent silencieuse mais très délétère sur le long terme ;
- l’insuffisance cardiaque, lorsque le cœur pompe moins efficacement ;
- les troubles du rythme cardiaque ;
- les maladies des artères périphériques.
Bon à savoir :
Ces maladies représentent chaque année environ 1 million d’hospitalisations annuelles, dont 41 % concernent des femmes(1).
Quels sont les risques cardiovasculaires ?
Le risque cardiovasculaire correspond à la probabilité de développer une maladie du cœur ou des artères.
Parmi les principaux facteurs de risque, on retrouve notamment :
- le tabac ;
- l’hypertension ;
- le diabète ;
- l’excès de cholestérol ;
- le surpoids abdominal ;
- la sédentarité ;
- le stress chronique ;
- le manque de sommeil ;
- les antécédents familiaux ;
- l’âge.
Pris de manière isolée, ces facteurs peuvent sembler “banals”. Mais combinés, ils augmentent significativement le risque cardiovasculaire.
Les maladies cardiovasculaires chez les femmes : une réalité encore sous-estimée
Malgré la fréquence des maladies cardiovasculaires chez la femme, ce sujet reste insuffisamment connu du grand public.
Pourtant, les chiffres sont sans appel : sur les 140 000 décès cardiovasculaires annuels, 53 % touchent des femmes. Et chaque jour, 200 femmes meurent de ces pathologies en France(1).
Cette surmortalité ne s’explique pas par une fragilité “naturelle”, mais par un ensemble de facteurs médicaux et sociaux.
Des symptômes souvent différents de ceux des hommes
L’un des principaux freins au diagnostic reste la façon dont les symptômes se manifestent chez les femmes.
L’image “classique” de l’infarctus, douleur thoracique intense irradiant dans le bras gauche, correspond davantage aux symptômes masculins.
Chez les femmes, on retrouve aussi bien ces symptômes classiques que des symptômes beaucoup moins connus, plus diffus, plus discrets, parfois même trompeurs :
- essoufflement inhabituel ;
- fatigue brutale ;
- nausées ;
- oppression thoracique modérée ;
- douleur dans le dos, la mâchoire ou l’épaule ;
- palpitations ;
- malaise ou vertiges.
Résultat : les symptômes sont parfois moins bien identifiés, aussi bien par les patientes que par leur entourage et par les professionnels.
Conséquence directe : les femmes mettent en moyenne 15 minutes de plus à appeler les secours en cas d’urgence cardiovasculaire(2). Or, lors d’un infarctus ou d’un AVC, chaque minute compte.
Les facteurs de risque féminins spécifiques
Au-delà des facteurs classiques, les femmes cumulent certains facteurs propres à leur parcours de vie hormonal et gynécologique. Certains évènements de vie, dans le parcours d’une femme peuvent influencer la santé cardio vasculaire. Parmi eux :
- la contraception hormonale, surtout associée au tabac ;
- l’hypertension pendant la grossesse ;
- le diabète gestationnel ;
- l’endométriose ;
- le syndrome des ovaires polykystiques ;
- les grossesses tardives ;
- la ménopause ;
- certains traitements anticancéreux, notamment après un cancer du sein.
La ménopause représente une période charnière importante : la diminution des œstrogènes réduit la protection naturelle des artères, ce qui favorise l’hypertension, le cholestérol et la rigidité vasculaire.
C’est pourquoi la prévention cardiovasculaire féminine ne peut pas être envisagée de manière uniforme. Elle doit être pensée à plusieurs étapes clés de la vie : contraception, grossesse, post-partum et ménopause.
Des inégalités de prise en charge encore trop présentes
Au-delà des différences biologiques, les maladies cardiovasculaires chez les femmes révèlent aussi des inégalités de prise en charge de santé bien réelles entre les femmes et les hommes.
Pendant longtemps, la recherche médicale s’est davantage appuyée sur des modèles masculins. Cette approche a contribué à retarder la reconnaissance des symptômes spécifiques aux femmes, Aujourd’hui encore, beaucoup de femmes rapportent une minimisation de leurs symptômes.
En France, 51 % estiment que leurs douleurs ou signes cliniques n’ont pas été pris au sérieux en raison de leur genre. À cela s’ajoute une réalité sociale forte : 81 % des femmes déclarent s’occuper d’abord de la santé de leurs proches avant de penser à la leur.
Ce retard dans le recours aux soins peut aggraver les conséquences.
Comment dépister une maladie cardiovasculaire ?
Le dépistage précoce joue un rôle essentiel dans la prévention des maladies cardiovasculaires. En particulier chez les femmes après 50 ans ou en présence de facteurs de risque connus.
Le médecin traitant, lors d’une consultation, peut évaluer le risque grâce à plusieurs éléments :
- la mesure de la tension artérielle ;
- un bilan sanguin (cholestérol, glycémie) ;
- un électrocardiogramme ;
- une évaluation du mode de vie ;
- un interrogatoire sur les antécédents familiaux et gynécologiques.
Au-delà des examens, cette approche globale permet surtout de mieux comprendre la situation de chaque patiente dans son ensemble, et pas uniquement à travers un résultat isolé.
L’objectif est simple mais essentiel : repérer les facteurs de risque le plus tôt possible, avant qu’un événement cardiovasculaire ne survienne.
Dans de nombreux cas, un suivi régulier par un cardiologue et une prise en charge adaptée permettent d’éviter des complications graves, voire de les prévenir totalement.
Les consultations chez un cardiologue sont remboursées par la Sécurité sociale à 70 % du tarif de base fixé par l’Assurance Maladie (à condition de respecter le parcours de soins coordonnés). Le montant restant à charge peut être complété, en tout ou partie, par une couverture de mutuelle santé, selon le niveau de garanties choisi.
Solimut, acteur engagé pour faire avancer l’égalité en santé
Face aux inégalités persistantes entre les femmes et les hommes en matière de santé, Solimut Mutuelle de France s’engage activement pour faire évoluer les pratiques et les mentalités. À travers sa campagne nationale « Les inégalités de genre en santé sont d’abord politiques », la mutuelle souhaite mettre la santé des femmes au cœur du débat public et rappeler que ces inégalités ne sont pas une fatalité, mais un enjeu de société qui nécessite des actions concrètes. Cette mobilisation vise à mieux reconnaître les spécificités féminines en santé, à améliorer la prévention et à favoriser une prise en charge plus juste et plus équitable tout au long de la vie des femmes.
Dans cette continuité, la mutuelle poursuit sa démarche en donnant la parole aux femmes afin de mieux comprendre leurs attentes et faire évoluer ses actions en fonction de leurs besoins réels.
(1) Source : Santé publique France
(2) Source : agirpourlecoeurdesfemmes.com