7 décembre 2019

Le sucre : le plus petit des grands poisons !

Temps de lecture 4 minutes

Le sucre : le plus petit des grands poisons !

Le sucre est partout : dans les desserts, les confiseries, les boissons, l’alcool mais aussi la charcuterie, les plats cuisinés, la mayonnaise, le ketchup… Notre consommation est passée en France (par habitant et par an) de 800 gr au XIXe siècle à 8 kg au XXe puis à 32 kg au XXIe… non sans « quelques » conséquences sur la santé, notamment de nos enfants : obésité, diabète, maladies cardiovasculaires, déséquilibre hormonal… Alors comment sucrer sans gâter l’avenir de nos enfants ?
Publié le 30 septembre 2013

Sucre… en chiffres
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, on ne devrait pas consommer plus de 12.5 cuillérées à thé de sucre par jour soit 50 grammes. Ce qui inclut les desserts, les repas préparés et congelés, le sucre dans le café… En sachant qu’une seule cannette de boisson gazeuse en contient 40 grammes, qu’une portion de 100 gr de céréales type Chocapic contient 37 gr de sucre, il ne reste plus beaucoup de place pour les gâteries !
Agent de conservation, le sucre se trouve aussi dans tous les plats cuisinés industriellement. À surveiller sur l’étiquette nutritionnelle de vos aliments les mots : sucrose, saccharose, fructose, glucose, maltose, lactose, dextrose, maltodextrine, sucre inverti, sirop de mais, sirop de malt, sirop de glucose, concentré de fruits, etc. Tous sont des dérivés du sucre !

Pourquoi « sucrer » l’avenir de nos enfants ?
En France, le surpoids et l’obésité affectent 19 % des enfants (41% des adultes). Obésité, diabète, dyslipidémie, concourent ainsi au développement des maladies cardiovasculaires qui représentent aujourd’hui, la première cause de mortalité en France. Telles sont les conclusions d’une étude « Glucides et santé » réalisée par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (2004).
L’augmentation du surpoids, de l’obésité et du diabète de type 2 serait liée à une alimentation déséquilibrée trop riche en énergies, à la sédentarité en atmosphère thermostatée (température identique) et à des facteurs modulés par le patrimoine génétique. Grignoter souvent, un peu partout, en quantité, le tout associé à une activité réduite peut donc avoir des conséquences fâcheuses sur nos enfants. D’ailleurs, les études sur le sujet ne manquent pas dont celle de l’American Journal of Public Health (contenu en anglais) qui propose de réduire l’obésité infantile en élimant 100 % des jus de fruits (à ne pas remplacer par des boissons sucrées !). Les jus de fruits contiennent généralement 100 % de glucides et rien d’autre : pas de sels minéraux, pas de vitamines, ni d’oligo-éléments. Et à force de boire et manger sucré, l’enfant va réduire son appétence pour les autres aliments, légumes en particulier et risque, à terme, de montrer des carences.

Accro au sucre ?
Le plaisir du sucré est indéniable et nombre d’enfants (comme d’adultes) y succombent ! Mais une trop grande consommation de sucre stimule les mêmes zones que les drogues, soit les récepteurs dits « opioïdes » (une raison qui n’est en soi pas suffisante pour parler de « dépendance au sucre » – contenu en anglais). Très souvent, ceux qui manquent d’équilibre alimentaire, mangent à des heures irrégulières, sautent des repas, présentent un fort goût pour le sucre, les barres chocolatées, les encas. Le simple fait de corriger ces déséquilibres permet d’estomper l’appel du sucre.

Sucrer sans danger…
D’une certaine manière, il s’agit surtout d’équilibrer le repas des enfants pour ne pas qu’ils prennent trop l’habitude de compenser par le sucré !
Quelques bonnes pratiques à observer :

  • Sachant que le sucre reste le carburant du cerveau, les enfants soumis à plusieurs heures de cours matinaux peuvent avoir besoin d’une petite collation sucrée à 10 heures.
  • Eviter les jus de fruits industriels et les boissons gazeuses considérées comme un facteur important d’obésité. Préférer l’eau à toute boisson.
  • Ne pas gâtez ses dents avec le grignotage ou les boissons sucrées.
  • Limiter la consommation de gâteaux, bonbons, confiseries… Les garder pour les moments festifs.
  • Limiter les publicités télévisuelles surchargées de friandises.

Idées fausses sur les sucres naturels
Fructose (sucre extrait des fruits) : si ce sucre fut un temps conseillé aux diabétiques, il est aujourd’hui présenté de manière moins favorable. Les études cliniques démontrent clairement que le fructose fait augmenter le taux de triglycérides dans le sang – lorsqu’il est consommé en grande quantité – ce qui constitue un facteur de maladie cardiovasculaire et de résistance à l’insuline. Le sirop d’Agave contenant de 60 à 90% de fructose présenterait les mêmes avantages et désavantages que ce dernier.

Miel : bien que le miel ait le même index glycémique que le sucre, il est moins calorique (64 kcals contre 84 kcals pour 20g). Il possède, en plus, de nombreux antioxydants, vitamines et minéraux. Mais même estampillé « produit naturel », le miel reste dangereux pour les diabétiques. Son index glycémique (IG) élevé, supérieur même à celui du sucre, peut provoquer des hausses de glycémie, ce qui n’est pas recommandé en cas de diabète. Par ailleurs, mieux vaut éviter de chauffer le miel pour ne pas perdre ses propriétés.

Stévia : petit arbuste originaire du nord de l’Amérique du Sud, cette plante présenterait un pouvoir sucrant beaucoup plus élevé que le sucre sans contenir aucune calorie. Reste qu’elle soulève toujours des polémiques.

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