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Forfait patient urgences : une double peine pour les malades

Défense de l'hôpital public Solimut Mutuelle de France
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Depuis le 1 er janvier 2022, le forfait patient urgences (FPU) remplace les dispositifs précédents. C’est désormais le même montant, unique et fixe de près de 20 euros, qui est facturé au patient si son état ne nécessite pas d’hospitalisation après un passage dans un service d’urgences.
Publié le 9 février 2022

Pour le gouvernement qui l’a mis en place, ce forfait se veut « plus lisible pour les patients » et « son paiement plus compréhensible ». A demi-mot, certains responsables reconnaissent que le but est d’améliorer le recouvrement des impayés. Mais ce nouveau forfait va surtout plomber les comptes des personnes qui n’ont pas de mutuelle et des mutualistes dont ce forfait n’est pas pris en charge par leur garantie.

Pour Jacques Seguin, administrateur de Solimut Mutuelle de France et membre du Comité de Défense des Hôpitaux Publics de Dole, la façon dont il a été imposé par la loi « révèle une vraie problématique sur laquelle nous alertons tant au niveau de Solimut que de la Fédération des Mutuelles de France. Le fait que ce forfait soit mis en place montre que l’hôpital n’est plus en capacité d’accepter tous ceux que la médecine de ville ne peut traiter ».

Les malades ne devraient aller à l’hôpital qu’en dernier recours, mais cela reste de la théorie : dans de nombreux territoires, il n’y a plus de médecins traitants ou plus de gardes le week-end. La seule solution reste alors les urgences…

"Un impact financier direct"

Pour Jacques Seguin, les personnes les plus impactées par ce forfait seront à la fois les personnes sans médecin et les plus démunies. « Les malades qui n’ont pas de médecin traitants se chiffrent aujourd’hui à plus de 6 millions dont 620 000 en ALD et 1 million de plus de 60 ans » assure-t-il. Ce sont eux qui vont se rendre aux urgences alors qu’ils auraient pu faire autrement s’ils avaient eu accès à une médecine de premier recours de proximité. « Enfin, les personnes les plus défavorisées, qui trop souvent ne peuvent se payer une mutuelle, auront à régler ce forfait sur place. C’est un impact financier direct », regrette l’administrateur.

Jacques Seguin milite au sein du Comité de Défense des Hôpitaux Publics de Dole, sur un territoire où l’hôpital est largement mis en difficulté dans de nombreux domaines : la chirurgie conventionnelle est appelée à disparaître, la capacité du service des urgences a été réduit…

« Ce forfait urgences vient encore s’ajouter aux difficultés de nos territoires, conclut-il. Aujourd’hui, il est plus nécessaire que jamais de revisiter notre système de santé pour une vraie cohérence entre médecine de ville et hôpitaux publics. »

Le 11 janvier dernier, Solimut Mutuelle de France mobilisait ses militants pour défendre l’hôpital public.

Au côté de plusieurs organisations, les représentants de la mutuelle étaient présents à l'Hôpital Nord de Marseille pour défendre le droit à la santé, exiger de financer les besoins de soins de toute la population et rappeler la nécessité d’améliorer les conditions de travail et de rémunération des professionnels engagés dans le système de soins.

Retrouvez Pierre Méry, responsable des actions solidaires de Solimut et le témoignage de Pascale Jourdan, secrétaire générale de la CGT AP-HM CGT Hôpital Nord sur cette vidéo

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Commentaires

#02/ Lucie de Solimut Mutuelle de France 24-02-2022
Je vous remercie pour votre commentaire.
Je ne peux qu’être d’accord avec vous mais nous pensons qu’il serait plus judicieux de donner davantage de moyens et de personnels à l’hôpital public et de lutter contre les déserts médicaux plutôt que de pénaliser les personnes qui vivent éloignées des structures de soins ou qui n’ont pas les moyens d’avoir une complémentaire santé (ou bien dont la garantie ne prend pas en charge ce forfait).
Merci encore.
#01/ ID 23-02-2022
Il est nécessaire de trouver une solution.
Bien entendu le désordre comme toujours devient pénalisant.
Pensons aux personnels urgentistes.

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