30 janvier 2022

Lever les tabous et retrouver confiance dans son périnée

Temps de lecture 8 minutes

lever les tabous et retrouver confiance dans son périnée

Toutes et tous concernés ! Nous sommes plus de 6 millions en France à souffrir de fuites urinaires. Alors qu’une femme sur 4 souffre d’incontinence dans le monde (et 1/3 de plus de 35 ans) – souvent due au relâchement de son périnée -, 1 homme sur 10 est concerné lui aussi par le problème.
Publié le 20 juillet 2021

Selon l’Agence nationale d’accréditation en santé (ANAES), l’incontinence urinaire est un problème de santé publique en raison de la fréquence et du coût socio-économique de ce handicap.

Qu’est-ce que le périnée ?
Le périnée est un ensemble de différentes muscles et tissus qui ferment le bas du bassin et s’étendent du pubis au coccyx. Il soutient les viscères, permet la continence urinaire et anale, joue un rôle d’ouverture pendant l’accouchement. Les muscles du périnée jouent également un rôle essentiel dans les sensations intimes et dans la qualité des rapports sexuels.

Qu’appelle-t-on incontinence urinaire ?
L’incontinence urinaire est un écoulement involontaire, non contrôlable, des urines par l’urètre. On parle aussi de perte involontaire des urines ou de fuites urinaires. Ce problème de « fuites urinaires » est fréquent et augmente avec l’âge.

Avoir des fuites urinaires a un lourd retentissement sur la qualité de vie : la personne a tendance à s’isoler, à réduire ses activités sociales par crainte des « accidents de fuite », à se sentir fatiguée en raison d’un sommeil perturbé par des levers itératifs, etc. Et ces différentes gênes sont accentuées par la difficulté à en parler à son entourage et à son médecin.

Les différentes formes d’incontinence urinaire et les principales causes
Chez la femme :
Il existe plusieurs formes d’incontinence urinaire selon le mécanisme de survenue et de nombreuses causes.

· L’incontinence urinaire d’effort

Elle se caractérise par :

  • une fuite involontaire des urines, non précédée par un besoin d’uriner, survenant à l’occasion d’un effort : saut, soulèvement de charges ou de toute activité augmentant la pression abdominale, mais aussi lors d’un effort minime : toux, rire.
    Elle représente 40 % des cas d’incontinence urinaire. Elle peut toucher de très jeunes femmes parfois, à la faveur d’une pratique sportive intense, au cours d’un accouchement et à fortiori de plusieurs. D’autres périodes, comme la ménopause, favorisent l’apparition de ces désordres.

Les fuites urinaires survenant lors d’efforts sont fréquentes :

  • dans les suites d’une grossesse multiple ou d’accouchement difficile (assisté par ventouse ou forceps) ou compliqué (déchirure périnéale…),
  • en cas de prolapsus génital (descente d’organes) chez la femme,
  • après toute intervention chirurgicale de l’abdomen ou du petit bassin.

· L’incontinence urinaire par hyperactivité de la vessie ou incontinence urinaire par «urgenterie»

Elle se caractérise par :

  • une fuite involontaire des urines, précédée d’un besoin urgent et incontrôlable d’uriner (besoin impérieux, envie pressante d’uriner),
  • survenant au repos, la nuit, en dehors de tout effort.

Elle représente 10 % des cas d’incontinence urinaire. L’incontinence urinaire par hyperactivité de la vessie est observée lors :

  • d’une cystite aiguë ou d’une pyélonéphrite aiguë
  • de cancer de la vessie ;
  • de séquelles de radiothérapie du bassin (cystite radique)
  • d’un rétrécissement de l’urètre ;
  • de l’augmentation du volume de la prostate chez l’homme : cancer de la prostate, adénome de la prostate ;
  • d’une maladie neurologique, comme la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson, la paraplégie ou les démences comme la maladie d’Alzheimer.

· L’incontinence mixte

Elle associe les deux types de symptômes. Elle représente 50 % des cas d’incontinence urinaire.

Chez l’homme :
· L’incontinence par insuffisance sphinctérienne

Elle est liée à l’effort et est le plus souvent provoquée par la chirurgie prostatique qui peut endommager les tissus. Dans la plupart des cas, cette incontinence est transitoire et une rééducation appropriée durant 15 séances suffit à faire disparaître la problématique. Moins de 1 % des patients restent gênés et pour eux, il reste la solution de la mise en place d’un implant sphinctérien.

· L’incontinence par impériosité qui est due à une instabilité vésicale.

La vessie se contracte au mauvais moment et donne naissance à un besoin impérieux d’uriner. Ce type d’incontinence est souvent lié à une hypertrophie de la prostate et c’est elle qu’il faudra traiter en amont pour empêcher l’apparition de l’incontinence.

· L’incontinence post-mictionnelle par gouttes retardataires

Elle est beaucoup plus fréquente chez le sujet âgé mais elle touche néanmoins 1 homme sur 3 avant 40 ans et 50 % des hommes de plus de 60 ans. La solution de choix est la rééducation.

Etat de santé et mode de vie, des facteurs aggravants
Certaines situations accentuent le risque de fuites urinaires

  • le surpoids et l’obésité,
  • la constipation chronique,
  • la toux chronique,
  • la prise de certains médicaments, surtout si la personne en prend plusieurs (par exemple des diurétiques, des sédatifs …),

Au quotidien, le risque de fuites urinaires est augmenté :

  • en cas d’erreurs hygiéno-diététiques : consommation excessive de liquides, de caféine, d’alcool, de tabac.
  • une activité physique perturbée : réduction de la mobilité due à une maladie physique ou psychique,
  • activité physique intensive : pratique de sports qui provoquent des pressions répétées sur le périnée (haltérophilie, marathon, trampoline…)

Prise en charge et Traitements
Le médecin traitant coordonne la prise en charge du traitement de l’incontinence urinaire avec les autres professionnels de santé (urologue, radiologue, gynécologue, sage-femme, rééducateur, kinésithérapeute…). Le médecin traitant choisit le traitement en concertation avec son patient, et en prenant en compte la cause de l’incontinence urinaire, le type d’incontinence et la gêne ressentie.
Les traitements permettent d’améliorer efficacement les symptômes de l’incontinence et la qualité de vie des patients. Chaque fois que cela est possible, le traitement de la cause de l’incontinence est proposé.

Chez la femme :
· La rééducation périnéo-sphinctérienne ou comportementale est le traitement initial des incontinences urinaires d’effort. Réalisée par un kinésithérapeute ou une sage-femme après un accouchement, elle permet d’améliorer les symptômes dans de nombreux cas.
Son but est de renforcer la tonicité des muscles du périnée qui constitue le plancher pelvien. Le rééducateur donne également des conseils concernant les postures, l’activité quotidienne et le mode de vie. Entre les séances de rééducation, il est recommandé au patient de poursuivre un travail d’auto-rééducation expliqué par le rééducateur.

· La rééducation périnéo-sphinctérienne est également recommandée pour les incontinences urinaires par impériosité ou mixtes. Elle peut être associée à un traitement comportemental. Il a pour but d’adapter la consommation de liquides et de reprogrammer les mictions pour réduire progressivement les allers et venues aux toilettes.

· Le traitement par médicaments

Des médicaments peuvent être proposés en première intention ou après l’échec du traitement comportemental. Ils sont prescrits dans les cas d’incontinence urinaire par hyperactivité de la vessie ou d’incontinence urinaire mixte.
Après la ménopause et en cas de sécheresse vaginale, un traitement local vaginal par œstrogènes peut également être proposé. Il améliore la trophicité de la muqueuse vaginale et améliore l’incontinence urinaire souvent associée.

· Le traitement chirurgical

Lorsque la cause de l’incontinence urinaire est traitée et qu’il persiste des fuites urinaires insuffisamment améliorées par la rééducation périnéo-sphinctérienne et comportementale, ainsi que par les médicaments, un traitement chirurgical peut être proposé. Il nécessite un bilan et l‘avis d’un urologue ou d’un gynéco-obstétricien.

Il existe différentes techniques chirurgicales dont le choix dépend du mécanisme de l’incontinence urinaire :

  • mise en place de bandelettes sous-urétrales (implants de renfort) comme support de l’urètre pendant l’effort,
    -mise en place de ballons ajustables pour comprimer l’urètre à sa sortie de la vessie,
  • injections péri-urétrales d’agents comblants,
  • mise en place d’un sphincter urinaire artificiel…

Le plus souvent, l’intervention a lieu en structure de chirurgie ambulatoire

· En cas d’incontinence urinaire par hyperactivité de la vessie et après échec d’un traitement médicamenteux et/ou d’un traitement chirurgical, d’autres techniques très spécifiques, peuvent être proposées :

  • une neuromodulation des racines nerveuses sacrées,
  • des injections de toxine botulique dans le muscle vésical.

Chez l’homme :
Trois types de traitement sont en général prescrits pour atténuer les fuites urinaires chez l’homme :

· médicaments : pour diminuer l’activité de la vessie, il est recommandé de prendre des médicaments de la famille des anticholinergiques,

· rééducation musculaire : en cas d’affaiblissement des muscles du plancher pelvien, une rééducation chez un kinésithérapeute spécialisé est nécessaire,

· ou la chirurgie : la chirurgie demeure aussi une solution, en cas d’échec des autres traitements lorsque la prostate occupe un volume trop important

Complément à la rééducation
Sans se substituer à la rééducation pratique, il existe des solutions complémentaires pour rééduquer son périnée. Pratiquées à la maison, elles peuvent fortement accélérer les résultats de votre rééducation. Les sondes périnéales, les cônes vaginaux ou boules de geisha par exemple n’en sont que quelques exemples pour retrouver un périnée tonique.

Emy est une application mobile gratuite pour faire des exercices du périnée. Vous pourrez faire votre rééducation périnéale où vous voulez, quand vous voulez avec ou sans sonde. Entraîner et tonifier votre périnée grâce à plusieurs exercices ludiques. Des séances de 5 minutes suffisent pour renforcer votre plancher pelvien.

Conclusion
L’incontinence urinaire n’est pas une fatalité. Prendre conscience de l’existence de son périnée est une première étape indispensable. Des exercices simples permettent de contracter et muscler le périnée, certains sont à bannir comme le « Stop pipi » (consiste à laisser couler l’urine puis à contracter le périnée pour ralentir le jet). Beaucoup de jeunes filles et de femmes prétendent le faire régulièrement. S’il permet de sentir son périnée, il présente en réalité surtout des inconvénients : prolifération de germes et de bactéries qui entraînent des infections urinaires à répétition.

Des solutions et traitements existent mais ils nécessitent une évaluation initiale de bonne qualité pour être utilisés à bon escient. En respectant ces précautions, les résultats sont souvent très bons, redonnant une bonne qualité de vie aux patients.
Et surtout d’avoir posé un diagnostic ! Il s’écoule en moyenne 7 ans entre les premiers symptômes et le moment où la patiente/le patient se décide à aborder le problème. Et trop peu de médecins posent les quelques questions du questionnaire urinaire :

Combien de fois vous levez-vous la nuit pour faire pipi, avez-vous des fuites et dans quelles circonstances ?…
Quand vous êtes pris par un besoin urgent d’uriner, combien de minutes en moyenne pouvez-vous vous retenir ?…
Les traitements sont ensuite fonction de l’importance de la gêne et du type d’incontinence.

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